affrontement

Encore une sortie, deux sorties sur une semaine, je pète les scores. Une copine m'a trainé au théâtre, je dis "trainer" parce que j'avais la crève, mais comme j'avais payé les places, il fallait bien que je m'expulse du lit malgré mon petit 38°C de fièvre pour aller la retrouver sous la bruine parisienne. Ca te fait de la peine ? Faut pas, j'ai vraiment apprécié la pièce, même si j'ai passé le dernier 1/4 d'heure à m'empêcher d'éternuer. En plus nous n'étions pas trop mal placées.

Ci-dessous, il y a le synopsis, il en dit bien assez long sur la pièce.
De mon côté, j'ai envie de parler de plusieurs points :

  1. La musique, lorsque l'on entre dans le théâtre, on est accueilli par une musique d'inspiration religieuse, et en particulier par les diverses versions de la chanson "Hallelujiah" (Tu peux écouter des versions de cette chanson de Léonard Cohen sur cette page Wiki: Hallelujah (Leonard Cohen song)). J'adore cette chanson, elle me donne la chair de poule. Elle sert aussi de transition entre les scènes et les actes (Pour les changements de décors surtout), cette chanson, c'est la grâce qui tombe sur les spectateurs, nous laissant dans notre réflexion concernant le débat qui oppose nos deux protagonistes.
    Cette musique à la fois moderne et spirituelle sert à la perfection la pièce.
  2. Puisque je parlais de changement de décor, petite mention spéciale pour l'accessoiriste (Je ne connais pas le nom de sa fonction) qui intervenait avec minutie et délicatesse pour changer le décor alternant entre l'église et le bureau de Tim Farley.
  3. L'humour, étonnamment présent dans cette pièce dont le thème est pourtant on ne peut plus sérieux, est déroutant.
    /Parce que l'on ne s'y attend pas, parce qu'il désamorce certaines lourdeurs ou ambiances particulièrement pesantes.
    L'humour apporte une dynamique à la pièce, un rythme dans les échanges, cela nous sort du banal débat sur la foi, nous déculpabilise aussi peut-être. Je ne sais pas vous, mais dès que j'entre dans une église, ou que je me trouve en face d'une personne d'église, j'ai tendance à me sentir coupable. Et cette humour me soulage, parce qu'il me rapproche de ses hommes de foi, nous rappelant qu'ils ne sont que des hommes.
  4. La chaire, c'est la partie la plus destabilisante de la pièce pour mois, pas la chaire en elle-même, mais la mise en scène associée à son utilisation. Elle est face à nous, l'auditoire du prètre devient le public, et un jeu de son donne la voix au public. Du coup, même si on sait qu'il n'y a personne derrière nous, on se surprend à se retourner vers le haut-parleur pour écouter l'auditoire. C'est ... bizarre, mais comme je n'étais pas la seule à me retourner, je me sens moins ridicule.

affrontement_Extrait

C'est là les éléments dont j'ai vraiment envie de parler, et qui ne devrait pas te gâcher le plaisir si tu as l'intention de la voir. Ensuite, concernant les deux acteurs:

  • Francis Huster, pas la peine de préciser ni qui il est, ni combien il est bon. C'est un grand acteur de théâtre, puissant et passionné; le deuxième comparse jouant le séminariste.
  • Davy Sardou, pas facile pour ce "fils de" de se faire un prénom, et encore plus difficile de se hisser au niveau de la qualité du jeu et de l'expérience de Francis Huster, alors je dirais qu'il s'en sort très honorablement.
    J'ai réalisé que j'avais déjà vu Davy Sardou dans "Songe d'une nuit d'été", il ne m'avait pas marqué plus que ça, il a gagné en talent depuis. Nécessité fait loi : lorsque l'on est confronté à un monstre du théâtre, il faut se montrer à la hauteur ou périr. Il n'est pas encore un grand acteur, il doit faire des progrès, mais qui sait, peut-être qu'un jour son talent explosera.

Synopsis (Repris sur BilletReduc où j'ai acheté les billets):
Un affrontement plein d'humour entre Tim Farley, un vieux prêtre attaché à ses principes et Mark Dolson, un jeune séminariste.
Il s'agit d'un voyage initiatique pour Mark Dolson et d'un retour aux sources pour Tim Farley, son mentor. Les spectateurs deviennent les témoins d'un affrontement de plus en plus complice....
Cette pièce est d'une brûlante actualité : pourquoi l'Eglise catholique refuse-t-elle encore aux femmes le droit de sacerdoce ? Et pourquoi s'oppose-t-elle au mariage des prêtres ?
Avec une extraordinaire virtuosité maniant l'humour féroce et la tendresse humaine, la pièce, saluée dans le monde entier, oppose un prêtre irlandais ivrogne à un jeune séminariste à la remuante ardeur de néophyte ! Ils s'affrontent dans un combat sans merci, au dénouement tragique et imprévisible dont sortira vainqueur la Foi : un vrai moment de grâce et d'émotion !